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Colombages : ces maisons qui traversent les siècles

Sablières, poteaux et tournisses : bienvenue dans l’univers des maisons à colombages, que l’on retrouve dans les plus belles villes de France. Si aujourd’hui, elles sont les stars préservées des centres villes, elles ont pour la plupart traversé les siècles. Quimper, Caen, Angers… Zoom sur la construction de ces maisons à pans de bois !

Si les maisons à colombage sont connues dès l’antiquité, il faut attendre le Moyen-Age pour les voir fleurir en France. Les plus anciennes datent du 13e siècle, voire au-delà ! Leur mode de construction est un art : son ossature bois est soutenue par un remplissage fait le plus souvent de briques ou de plâtre. Aussi appelé le hourdage, ce corps raidit la structure et lui permet de tenir dans le temps. Attestées et préservées dans de nombreuses régions de France (Bretagne, Alsace, Lorraine, Meuse…), elles sont également considérées comme patrimoine architectural de nombreux pays d’Europe.

Deux méthodes de construction

On distingue deux types de maisons à pans de bois : à bois long et à bois court. Utilisée dès le début du Moyen-Age, la méthode à bois long n’offrait pas que des avantages : il fallait arriver à transporter, bien souvent en cœur de ville et dans des ruelles étroites, de longs poteaux posés à même le sol, qui pourrissaient avec le temps… Au fil du temps, les techniques s’affinent et laissent place à la maison à pans de bois courts, qui facilitent considérablement la construction de l’ouvrage. Le principe est simple : la longueur des poteaux correspond à un étage. Autre avantage : cette méthode a permis de développer les encorbellements que l’on apprécie tant sur nos photos souvenir !

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Quelles essences sont utilisées pour les maisons en bois ?

Mais quels bois sont utilisés dans la construction de nos maisons ? Chaque essence a ses propriétés et ses usages. Mais si l’on veut s’inscrire dans une démarche écologique, exit teck, iroko et autres bois exotiques : s’ils résistent en général parfaitement à l’humidité et sont particulièrement résistants, vous imaginez bien que leur bilan carbone laisse à désirer… Penchons–nous donc sur quelques essences locales qui ont fait leurs preuves.

En France, il est coutume de conseiller les essences les plus locales possibles. Et pour cause, ces arbres offrent en général une bonne résistance aux principaux enjeux climatiques de l’endroit où vous bâtissez votre demeure.

Les principaux bois durs utilisés en France

Contrairement aux idées reçues, l’essence de chêne est assez rare en France de nos jours, et donc coûteuse. On la retrouve dans la construction des charpentes et des parquets, pour sa robustesse. Plus facile à travailler, l’essence d’hêtre est un allié de choix pour la confection de menuiseries, de plans de travail, de revêtement ou de parquets. Plus résistant et durable, l’érable une essence prisée pour les parquets. Sa couleur claire contraste avec le brun du chêne ou du hêtre.

Et les bois tendres ?

Léger mais particulièrement résistant, l’épicéa est majoritairement utilisé dans la construction des maisons… Mais il demande à être traité contre les ravages de l’humidité ! Pour les bardages et les finitions, planchez sur du cèdre, très résistant face aux intempéries de votre région. Et enfin, le mélèze, au bois résineux, est idéal pour les aménagements.. et la décoration.

Enfin, pour l’ossature et le bardage, les principales essences utilisées restent sans conteste le sapin et le douglas.

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Islande : tourbe dans la demeure

Se protéger du vent, des rudes températures et de l’humidité : vivre en Islande, c’est d’abord se construire un foyer chaud et sec face aux éléments. Ecologiques avant l’heure, les maisons traditionnelles islandaises, dont on retrouve de nombreux témoignages de nos jours, répondaient aux défis climatiques mais aussi aux ressources limitées de l’île.

En Islande, où les conditions climatiques sont rudes et les ressources en bois précieuses, les maisons traditionnelles, aujourd’hui emblématiques de l’île, étaient majoritairement construites avec de l’herbe et de la tourbe. Quant au bois, on le retrouve sur les façades des maisons des habitants les plus aisés : il s’agit le plus souvent de bois flottant, ou tout simplement importé. Les boiseries d’intérieur étaient un luxe !

Des constructions 100% écologiques

La tourbe, disponible en abondance, en est le composant principal. Avec ses propriétés isolantes, elle est utilisée pour les murs et les toits et repose sur un châssis de bois. L’herbe prend directement racine sur la tourbe et donne l’impression que ces maisons sortent de terre. La construction de ces maisons d’herbe, autrefois connue de tous, est un savoir-faire aujourd’hui gardé par quelques artisans… en attendant peut-être, un retour en force de ces maisons qui se fondent dans le paysage.

 

Si vous vous aventurez en Islande, vous ne manquerez pas de remarquer ces habitations – bien souvent converties en écomusées – encore très présentes dans le paysage.

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Dans la maison traditionnelle thaïlandaise

Parfaitement intégrée dans l’écosystème de son territoire, la maison traditionnelle thaïlandaise a été pensée par ses habitants pour résister aussi bien à la chaleur qu’au vent, en passant par les pluies diluviennes de la mousson.

Bien qu’elle connaît des variations esthétiques et pratiques selon les régions, la maison traditionnelle thaïlandaise est construite entièrement en bois et élevée sur des pilotis. Cette surélévation permet notamment de préserver la maison de la saleté, des animaux dangereux, mais surtout des  inondations habituelles à la saison de la mousson, de juin à octobre.

Bien dans son climat

Ses toits et avant-toits à forte pente évacuent l’eau et offrent une protection supplémentaire aux rayons du soleil : les murs sont alors protégés de la chaleur et les ouvertures sont une invitation aux courants d’air pour rafraîchir les pièces à vivre. Une maison idéale pour le climat tropical de la Thaïlande, même si aujourd’hui, on peut regretter que le béton domine largement dans les nouvelles constructions.

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Le banga, la cabane au fond du jardin mahorais

Sur l’île de Mayotte, quand le mâle adolescent commence à encombrer la maison, les parents ont une solution toute trouvée : lui faire construire sa propre dépendance, le plus souvent au fond du jardin familial ou à la marge du village !

À l’origine, le banga est une petite cabane mahoraise qui permet aux familles de faire de la place dans la maison dans l’attente d’un heureux événement. Traditionnellement, c’est l’adolescent lui-même qui la construit, le plus souvent avec du bambou ou de la terre pour l’ossature et les murs, des feuilles de palme pour le toit, bien qu’aujourd’hui, on trouve de nombreux bangas en tôle. Le terme banga s’est d’ailleurs généralisé pour désigner également les habitations des bidonvilles mahorais.

Un rite de passage

Cette cabane très simple est généralement construite à même le sol : elle fait plutôt office de chambre d’ado que de véritable habitation et ne comporte qu’une pièce, les repas étant pris dans la maison familiale. Vous l’aurez compris, la construction et l’emménagement dans un banga sont considérés comme un rite de passage où l’adolescent gagne en indépendance et peut s’initier à la vie adulte !

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Une hutte de Zoulou, ça vous tente ?

Le groupe ethnique le plus important d’Afrique du Sud construit des huttes semblables à des ruches, résistantes à la chaleur aussi bien qu’au froid.

 La hutte traditionnelle zoulou (littéralement, le peuple du ciel) nécessite des heures de travail pour voir s’élever sa forme de dôme. Elle est bien souvent réalisée en bâtons disposés en plusieurs dizaines de cercles au sol (à la manière d’arceaux de tente), ensuite noués les uns aux autres pour former sa structure. Cette ossature soutenue par un poteau central est garnie de roseaux et d’herbe tressée, qui garantissent une isolation idéale. Pas de terre battue à l’intérieur : un savant mélange de terre et d’autres ingrédients naturels, à l’image du fumier, permet d’obtenir après ponçage un sol lisse et imperméable, un genre de dalle béton ! Ce même mélange est privilégié pour la construction du foyer central.

 Une porte basse pour les ennemis

Une des particularités des huttes zoulou réside dans sa porte d’entrée ronde, particulièrement basse ! Dans la tradition, cela force l’ennemi qui pénètrerait dans le foyer familial à se baisser et donc à adopter une position de vulnérabilité. Mais avant tout, elle permet de garder la fraîcheur comme la chaleur de la maison.

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L’isba, la maison traditionnelle de Russie

Toute de bois construite, l’Isba est la maison traditionnelle de Russie depuis des siècles et nourrit de nombreux contes, dont la mythologie de Baba Yaga… Cap sur la Russie !

Si la plupart des Russes vivent aujourd’hui en appartements ou maisons modernes, tous connaissent l’isba, cette maison en bois typique des paysans des terres russes. Les premiers témoignages de ces chalets remontent aux Xe et XIe siècle et ont été retrouvés au cours de fouilles. Posée souvent à même la terre battue, l’isba consistait alors en un bâtiment de rondins de bois à la toiture pentue, disposant d’une seule petite ouverture pour ses habitants. Sa construction sans clous repose sur un savant assemblage de rondins.

Du foyer au poêle

Pas de fenêtres, ni même de cheminée : le foyer devait chauffer efficacement la maison pendant plus de 6 mois ! Heureusement, au fil du temps, la maison s’ouvre et s’aère… Le foyer évolue peu à peu en poêle, bien souvent construit en pierres sèches, qui devient l’élément central de la maison. On l’utilise alors pour chauffer la pièce, cuisiner, pour chauffer l’eau des bains… Mais les conduits de cheminée restait un luxe que beaucoup de paysans ne pouvaient pas se payer !

Us et coutumes de l’isba

Généralement, c’est le père de famille qui avait la place la plus proche de la source de chaleur pour la nuit : la femme et les enfants dormaient à un peu à l’écart. Autre particularité de l’Isba : le coin rouge. Situé dans la partie est de la maison, il regroupe les icônes et objets de culte, notamment des lampes. Chaque habitant doit s’endormir la tête à l’Est pour ne pas présenter ses pieds à l’icône !

Depuis quelques décennies, l’isba est parfois reconvertie en Datcha, résidence secondaire équipée de toutes les commodités modernes. Très souvent citées dans les contes russes, certaines isbas se parent de couleurs chatoyantes !

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Les huttes Hanoï : retour en Papouasie

Nous revoilà en Papouasie, après avoir rendu visite aux Korowaï : dans les étendues rurales du centre du pays, les habitants vivent dans des maisons nommées Hanoi. Ces grandes huttes rondes dépourvues de fenêtres sont construites avec des planches de bois brut, alignés verticalement pour faire office de murs, qui sont recouverts de bambou tressé. Les toits ressemblent à de la chaume et sont le plus souvent construits avec des roseaux : une maison Hanoi fait généralement entre 4 et 6 mètres de rayon pour 5 à 7 mètres de haut.

À chaque hutte sa fonction

Si ces maisons sont si grandes, c’est qu’elle abrite toujours entre 5 à 10 personnes ! Dans un village typique du centre de la Papouasie, les habitants construisent généralement trois types de bâtiments : le Hanoi est le lieu de repos, complété par une hutte où l’on mange ensemble. Une troisième hutte sert à abriter le bétail

Chacun à sa place

Chacun sa place dans la maison Hanoi ! Généralement, les hommes dorment au rez-de-chaussée dans une orientation bien précise. Les femmes et les enfants dorment à l’étage. Dans certains villages, les hommes et les femmes habitent dans des huttes distinctes : les garçons rejoignent la hutte de leur père quand ils ont grandi.

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Opération Plan Bois III

D’après Les Échos, malgré un regain certain des constructions en bois ces dernières années, ce mode de construction ne représente que près de 3% du chiffre d’affaire du secteur et des effectifs du bâtiment. Dans ce domaine, la France est bien loin derrière l’Allemagne et ses 15% de part de marché du bois dans le BTP ! Depuis la fin du mois de septembre, un nouveau plan Bois, le troisième du genre, a été annoncé pour changer la donne.

Objectif : du bois partout !

Le Plan bois III entend massifier l’usage du bois dans la construction, a expliqué le secrétaire d’État à la Cohésion des territoires, Julien Denormandie, en promettant de prendre les orientations législatives et réglementaires adéquates. Il s’agira surtout d’adapter le code de la construction à ce matériau vert et de lever les blocages techniques que les maîtres d’ouvrage rencontrent pour lancer ces constructions en bois.

Quelques chiffres

Toujours d’après Les Échos, aujourd’hui, la construction en bois concerne près de 2.000 entreprises françaises (pas forcément exclusivement tournées vers ce matériau), soit près de 27.000 salariés. Enfin, il fait savoir que la construction est le principal débouché du bois français !

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Les vertigineuses maisons arbre Korowai

En Papouasie, les Korowai érigent leurs maisons en haut des arbres. Certaines habitations peuvent atteindre les 35 mètres de hauteur !

Il y a quelques années, des journalistes avaient mis sous le feu des projecteurs la tribu Korowai, en Papouasie… Non pas pour ses habitations uniques au monde, mais bien pour une pratique plus si courante que ça : le cannibalisme. Rassurez-vous : selon les anthropologues, le dernier festin cannibale a eu lieu il y a plus de vingt ans déjà. Concentrons-nous plutôt sur les cimes des arbres, qui hébergent parfois jusqu’à 12 personnes dans des maisons vertigineuses.

Pourquoi à la cime ?

Bonne question : pourquoi habiter la tête dans les nuages ? Si la majorité des maisons korowai sont perchées à une quinzaine de mètres du sol, certaines peuvent facilement monter jusqu’à 35 mètres. Cette altitude permet surtout à leurs habitants de se protéger des moustiques tout en dominant la forêt… Sans avoir à subir le vis-à-vis des voisins ! Enfin, les mauvais esprits ne peuvent pas monter si haut, c’est bien connu.

Planchers dans les cieux

Ces maisons perchées sont en bois du sol au plafond ; Elles disposent de planchers assez solides pour pouvoir supporter une dizaine de personnes. Le socle repose sur un pilier central, le tronc de l’arbre, et est soutenu par plusieurs poteaux rajoutés ensuite. Ses habitants y montent par des troncs crantés qui leur servent d’échelle. Les murs et le toit sont liés à l’aide de rafia. Vous l’aurez compris, le feu est l’ennemi numéro un de ces demeures qui peuvent parfois comporter plusieurs pièces. Une maison dans les arbres dure en moyenne cinq ans, après quoi, l’on change d’arbre.